L’assistance par un avocat en droit médical peut vous permettre d’obtenir la meilleure indemnisation en cas d’infection nosocomiale.

L’état de nos établissements de soins se dégrade de jour en jour.

Comment rester indifférent face à la prolifération d’infections nosocomiales dans les établissements de santé et comment agir si une infection de la sorte touche notre personne ou celle de nos proches?

Une infection est difficilement acceptable pour le patient vicitme qui doit subir de nombreuses interventions et hospitalisations pour y mettre un terme.

D’autant plus que ces infections sont dûes à l’hygiène de l’établissement, l’hygiène du materiel utilisé et des protocoles norm        alement strictes auxquels doivent a priori répondre les établissements de santé.

Ces infections ont de lourdes conséquences sur les patients victimes puisque ceux-ci se retrouvent tantôt obligés de renoncer à leur travail, tantôt obligés de renoncer à leur activités quotidiennes et tout cela peut créer de graves troubles.

Outre les préjudices patrimoniaux engendrés, le patient atteint par une infection se trouve complètement démuni et il peut parfois tomber dans une grande détresse psychologique.

En effet, comment réagir quand une opération a priori bénigne, engendre in fine une amputation d’un membre?

Ce cas extrème démontre la détresse auquelle doivent faire face ces patients.

C’est ainsi qu’un accompagnement par un spécialiste s’avère être la meilleure possibilité de voir son préjudice réparer.

Comment reconnaître une infection nosocomiale pour obtenir son indemnisation ?

Une infection de ce type est régit par l’article L. 1142-1 du code de la santé publique et engage la responsabilité de l’établissement dans lequel a été effectué l’opération.

Elle se manifeste  généralement 48 heures après l’intervention chirurgicale et en cas de pose de prothèse, elle peut se manifester jusqu’à un an après cette pose.

Dès lors, comment savoir si l’on se trouve face à une telle infection?

Une infection est dite nosocomiale lorsqu’elle est constatée dans de brefs délais, qu’elle est imputable à l’acte opératoire et que la victime peut la démontrer par des présomptions graves précises et concordantes.

L’établissement peut lui se dédouaner de toute responsabilité en invoquant une cause extérieure bien que celle-ci reste quasiment impossible à démontrer.

Le caractère nosocomial est-il simple à prouver?

Il faut savoir que lorsque le patient bénéfice de soins à domicile à la suite de son opération il apparaît plus difficile de prouver le caractère nosocomiale de l’infection dès lors que les conditions d’hygiènes des soins prodigués ne sont pas les mêmes en milieu hospitalier qu’en milieu domestique.

De même l’obésité d’un patient ou le tabagisme de ce dernier constituent un terrain propice au développement d’une telle infection.

Reste alors à savoir si le germe infectieux était préexistant, auquel cas la responsabilité de l’établissement ne pourra être retenue, ou bien si le germe était extérieur.

L’infection nosocomiale peut elle se manifester dans les cabinets de ville?

Les cabinets médicaux de ville n’échappent pas à la possibilité de voir contracter une infection nosocomiale par un patient.

Cependant la probabilité est beaucoup plus faible qu’en milieu hospitalier et de ce fait, pour engager la responsabilité du médecin de ville, le patient devra prouver qu’une faute a été commise par ce dernier alors qu’en milieu hospitalier le patient n’a pas à prouver une telle faute, celle ci étant présumée.

La différence applicable entre les cabinets de ville et les etablissements de santé prévue par l’art. L. 1142-1 c. santé publique a par ailleurs fait, il y a peu, l’objet de critiques et le Conseil Constitutionnel a été saisi pour se prononcer sur la conformité de cette différence de traitement.

C’est donc le 1er avril 2016 que le Conseil Constitutionnel a confirmé cette différence de traitement indiquant que cette dernière reposait sur une différence de situation entre établissement de santé et cabinets de ville.

En effet, dans les etablissements de santé les risques sont connues et largement accruent, de ce fait, la vicitme pourra mettre en cause plus facilement l’établissement dans le cadre d’une telle infection.

L’exonération d’un établissement de santé est rendue d’autant plus difficile qu’une “infection nosocomiale est difficilement imprévisible, tant sa survenance est connue et redoutée par le corps médical”.

Comment agir en cas d’infection nosocomiale ?

Dans le cadre d’une telle infection la vicitme aura le choix entre la saisine directe des tribunaux et la saisine préalable de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI).

Dans tous les cas, il convient de rappeler que celle-ci aura plus de chance d’obtenir une plus juste indemnisation  si elle s’adresse à un cabinet d’avocat spécialisé en la matière.

En effet, ces deux procédures requierent des compétences spécifiques que seul un spécialiste est à même de mettre en oeuvre.

Ainsi, la saisine de la CCI donnera lieu à une expertise médicale contradictoire gratuite qui déterminera l’origine d’infection et le taux d’incapacité de la vicitme engendrée par cette infection.

En fonction de l’expertise, la CCI déterminera si c’est à l’ONIAM ou à l’assureur de la clinique d’indemniser la vicitme.

Cependant la vicitme sera libre d’accepter ou non l’indemnisation proposé.

Si celle-ci la refuse, elle pourra dans un second temps saisir le TGI compétent pour obtenir réparation.

Enfin elle pourra également décider de saisir directement le TGI afin de voir son préjudice réparer.

Sachez que l’avocat expert en maladie nosocomiale à Aix-en-Provence sera présent pour vous aider à choisir la meilleure voie en fonction de votre cas et vous accompagnera jusqu’a l’obtention d’une juste réparation.

Jurisprudence récente

La Cour de cassation a précisé à plusieurs reprises les conditions d’indemnisation des infections nosocomiales. Voici les arrêts les plus significatifs depuis 2020.

Cass. 1re civ., 10 mars 2021, n° 19-24.567 : La Cour de cassation rappelle que la responsabilité de l’établissement de santé est engagée de plein droit pour les infections nosocomiales contractées lors d’une hospitalisation, sauf preuve d’une cause étrangère. Le patient n’a pas à démontrer une faute de l’établissement.

Cass. 1re civ., 9 septembre 2020, n° 19-15.876 : L’infection nosocomiale survenue après une pose de prothèse de hanche est présumée imputable à l’établissement, même si le germe est d’origine endogène. La charge de la preuve de la cause étrangère pèse sur l’établissement.

Conseil d’État, 23 décembre 2021, n° 442456 : Le Conseil d’État confirme que l’ONIAM peut être tenu d’indemniser les conséquences d’une infection nosocomiale non fautive lorsque le taux d’AIPP est supérieur à 24 %, conformément à l’article L. 1142-1 II du code de la santé publique.

Cass. 1re civ., 6 juillet 2022, n° 21-18.234 : La Cour de cassation juge que le défaut d’information sur le risque d’infection nosocomiale constitue une faute autonome ouvrant droit à indemnisation, même en l’absence de préjudice corporel direct.

Points de procédure essentiels

La procédure d’indemnisation d’une infection nosocomiale obéit à des règles strictes. Le délai de prescription est de dix ans à compter de la consolidation de l’état de santé de la victime, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique.

La saisine de la CCI (anciennement CRCI) est gratuite et ne nécessite pas le recours préalable à un avocat, mais l’assistance d’un spécialiste est vivement recommandée pour constituer un dossier complet et évaluer correctement les préjudices. L’expertise médicale ordonnée par la CCI est contradictoire et évalue le taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique (AIPP).

Si l’ONIAM propose une indemnisation, la victime dispose d’un délai de quinze jours pour accepter ou refuser l’offre. En cas de refus, elle peut saisir le tribunal judiciaire dans un délai de deux ans. L’offre de l’ONIAM doit être complète et couvrir l’ensemble des postes de préjudice de la nomenclature Dintilhac.

Selon le rapport d’activité 2024 de l’ONIAM, le nombre de demandes d’indemnisation pour infections nosocomiales a augmenté de 12 % par rapport à 2023, avec un montant moyen d’indemnisation de 45 000 euros par dossier. La DREES estime que 5 % des patients hospitalisés contractent une infection nosocomiale chaque année en France, soit environ 750 000 cas.

Questions fréquentes sur l’indemnisation des infections nosocomiales

Quel est le délai pour saisir la CCI après une infection nosocomiale ?

La victime dispose d’un délai de dix ans à compter de la consolidation de son état de santé pour saisir la CCI. Ce délai est prévu par l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. Il est impératif d’agir rapidement pour ne pas perdre ses droits.

L’indemnisation proposée par l’ONIAM est-elle définitive ?

Non, la victime peut refuser l’offre de l’ONIAM et saisir le tribunal judiciaire pour obtenir une indemnisation plus élevée. L’offre n’est pas définitive et peut être contestée dans un délai de deux ans à compter de sa notification.

Quels sont les postes de préjudice indemnisables en cas d’infection nosocomiale ?

L’indemnisation couvre l’ensemble des postes de la nomenclature Dintilhac : déficit fonctionnel temporaire (DFT), déficit fonctionnel permanent (DFP), souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, perte de gains professionnels futurs (PGPF), incidence professionnelle, et préjudice d’établissement.

L’expertise médicale est-elle obligatoire devant la CCI ?

Oui, la CCI ordonne systématiquement une expertise médicale contradictoire pour évaluer l’origine de l’infection et le taux d’incapacité. L’expert est choisi sur une liste agréée par l’ONIAM. La victime peut se faire assister par un médecin-conseil lors de l’expertise.