Le trouble bipolaire est une maladie qui impacte profondément la vie et le travail des personnes touchées. Cet article se penche sur le taux d’invalidité associé à cette affection, la reconnaissance de ce handicap par la MDPH et l’assurance-maladie. Il explore également la durée et les symptômes bipolaires, l’avis médical nécessaire pour l’évaluation de l’incapacité, ainsi que l’admissibilité à une pension d’invalidité. L’assistance d’un avocat en droit de la santé et intervention en matière médicale et juridique pour personne handicapée vous sera d’une aide précieuse !

Définition du trouble bipolaire

Le trouble bipolaire, aussi appelé affection maniaco-dépressive, est une maladie de l’humeur caractérisée par des alternances d’épisodes dépressifs et maniaques. Le patient peut traverser des phases d’euphorie et d’hyperactivité (phase maniaque) puis plonger soudainement dans un état de dépression profonde en fonction de sa condition. Cette bipolarité de l’humeur a un impact significatif sur la vie quotidienne de la personne touchée, entravant son activité sociale et professionnelle mais aussi sa santé.

Dans le domaine du travail, les troubles bipolaires peuvent représenter un sérieux obstacle. La fluctuation des humeurs affecte la capacité de la personne à maintenir une activité régulière et peut entraîner une invalidité partielle ou totale. L’employeur, en accord avec l’avis médical, peut alors proposer des aménagements de poste ou une réduction du temps de travail.

L’évaluation de cette incapacité et la reconnaissance du handicap sont cruciales pour l’admissibilité à des aides sociales et médicales. L’assurance maladie et la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) peuvent intervenir pour proposer une pension d’invalidité, notamment lorsque le trouble est évalué comme une maladie professionnelle.

En outre, la mise en place d’un traitement approprié, médicamenteux et psychothérapeutique, est fondamental pour gérer les symptômes et stabiliser l’humeur des personnes bipolaires, ce qui améliore grandement la qualité de vie des patients. Enfin, il est essentiel que la famille et l’entourage du patient soient informés et soutenus, car ils jouent un rôle déterminant dans la réponse à cette maladie.

Sur le plan de la responsabilité médicale, lorsque le trouble bipolaire est aggravé ou déclenché par une faute d’un professionnel de santé — par exemple un mauvais suivi psychiatrique, un défaut d’information sur les effets indésirables d’un médicament ou une erreur de diagnostic — la victime peut engager une action en responsabilité médicale devant le tribunal judiciaire compétent.

Comprendre le handicap invisible psychique

Le handicap invisible psychique est un type de handicap qui ne se manifeste pas physiquement, mais a un impact significatif sur la vie quotidienne de l’individu. Il comprend divers troubles comme la dépression, les troubles bipolaires, les troubles anxieux, le trouble de stress post-traumatique, la schizophrénie, entre autres. Ces conditions peuvent perturber de manière significative le fonctionnement quotidien, les interactions sociales et la capacité à travailler des personnes bipolaires.

Les personnes atteintes de handicap psychique invisible peuvent faire face à des défis importants en raison de la stigmatisation et du manque de compréhension de leur condition. Parce que les symptômes ne sont pas visibles, il peut être difficile pour les autres de comprendre l’ampleur de leurs difficultés. Cela peut conduire à un isolement social, à une discrimination, et peut entraver l’accès à des soutiens et des traitements appropriés.

La reconnaissance du handicap invisible psychique est capitale pour assurer la protection et l’égalité des droits et l’accès aux services de soutien (inclusion du handicap). Cela comprend des mesures d’adaptation au travail, des aides à la vie quotidienne et des soins médicaux spécialisés. La sensibilisation et l’éducation sont essentielles pour changer les perceptions et favoriser l’inclusion des personnes atteintes de ce type de handicap.

Lorsque le handicap psychique résulte d’un accident médical — qu’il soit fautif ou non fautif au sens de l’article L. 1142-1 du code de la santé publique — la victime peut saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) compétente pour son département. Cette procédure amiable permet d’obtenir un avis sur l’imputabilité et, le cas échéant, une offre d’indemnisation de l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM).

Quel est le taux d’invalidité pour un trouble bipolaire ?

Un individu atteint de trouble bipolaire peut solliciter la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour obtenir la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Cette reconnaissance peut ouvrir la voie à certaines formations prioritaires en fonction de la maladie et du taux d’invalidité. De plus, la MDPH peut allouer l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) aux patients avec un taux d’incapacité de 80% ou entre 50 et 79%, à condition qu’il existe une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi due au handicap.

En pratique, la détermination du taux d’incapacité permanent est réalisée par les médecins de la MDPH selon le Guide-Barème pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées, annexé au décret n° 93-1216 du 4 novembre 1993. Pour les troubles psychiatriques stabilisés comme le trouble bipolaire de type I ou II, ce taux peut varier de 20 % à 80 % selon la sévérité des épisodes, leur fréquence, l’efficacité du traitement et le retentissement fonctionnel mesuré. Selon les données de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pour l’année 2022, les troubles psychiques représentent environ 22 % des décisions d’attribution de l’AAH en France.

Il convient de distinguer soigneusement le taux d’incapacité MDPH du taux d’Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique (AIPP) retenu dans le cadre d’une évaluation du préjudice corporel médical. L’AIPP, au sens de la Nomenclature Dintilhac, est fixée par un expert judiciaire après consolidation de l’état de santé et constitue la base de calcul de l’indemnisation devant le tribunal judiciaire. Ces deux taux répondent à des finalités distinctes et ne se confondent pas.

Quels sont les différents types de handicap ?

Les handicaps peuvent se classer en plusieurs catégories principales :

  1. Handicap physique : il concerne les personnes ayant des difficultés motrices. Cela peut résulter de conditions congénitales, d’accidents ou de maladies.
  2. Handicap sensoriel : cela inclut la perte de l’ouïe (surdité) ou de la vue (cecite), ou des problèmes avec les autres sens.
  3. Handicap intellectuel : caractérisé par des difficultés d’apprentissage et de développement cognitif.
  4. Handicap invisible psychique : ce terme englobe les troubles mentaux comme la schizophrénie, le trouble bipolaire, la dépression.
  5. Handicap invisible mental : il s’agit de handicaps qui ne sont pas immédiatement apparents, tels que les troubles du spectre autistique, le TDAH, les maladies chroniques, entre autres.
  6. Handicap social : c’est un terme plus controversé qui se réfère aux obstacles rencontrés par certaines personnes en raison de leur milieu socio-économique.

Monter un dossier MDPH

Pour monter un dossier MDPH, commencez par télécharger le formulaire de demande sur le site de la MDPH de votre département. Ce formulaire inclut une partie administrative et une partie relative à votre projet de vie MDPH, où vous expliquez vos besoins et attentes. Vous devrez y joindre un certificat médical détaillé, rédigé par votre médecin et datant de moins de 3 mois. N’oubliez pas de joindre tous les justificatifs nécessaires (diagnostic, bilans, compte-rendus médicaux). Une fois complété, envoyez votre dossier à la MDPH de votre département. Une évaluation sera ensuite réalisée par une équipe pluridisciplinaire pour décider des aides auxquelles vous pouvez prétendre. Vous pouvez également vous faire accompagner par un avocat en droit de la santé !

Pour résumer sur le taux d’invalidité pour trouble bipolaire

Il est essentiel de comprendre la complexité du trouble bipolaire pour déterminer le niveau d’incapacité et l’invalidité. L’évaluation médicale par un médecin, y compris l’examen des symptômes et du diagnostic, est déterminante. Les patients bipolaires peuvent bénéficier d’aides et de mesures de protection au travail, dont l’admissibilité à une pension d’invalidité.

En somme, une meilleure connaissance de la maladie bipolaire facilite une réponse sociale adaptée à l’invalidité. De plus, un avocat en droit médical et handicap invisible peut vous aider dans votre démarche. MAITRE HUMBERT du cabinet d’avocats LEXVOX à Salon de Provence est joignable au 04 90 54 58 10 !

Accident médical et trouble bipolaire : responsabilité médicale

Le trouble bipolaire peut résulter directement d’un accident médical ou être aggravé par une faute d’un professionnel de santé. L’avocat spécialisé en faute médicale peut engager la responsabilité civile ou administrative du praticien ou de l’établissement de soins sur le fondement de l’article L. 1142-1 I du code de la santé publique lorsqu’une faute est établie.

Plusieurs hypothèses sont susceptibles de fonder une telle action :

  • Erreur de diagnostic : confusion entre un trouble bipolaire et un épisode dépressif unipolaire entraînant une prescription inadaptée et une aggravation de l’état du patient ;
  • Défaut d’information : absence d’information du patient sur les risques des thymorégulateurs (lithium, valproate) ou des antipsychotiques, en violation de l’obligation d’information prévue par l’article L. 1111-2 du code de la santé publique ;
  • Mauvais suivi thérapeutique : absence de contrôle de la lithémie ayant conduit à une intoxication au lithium avec séquelles neurologiques ;
  • Iatrogénie médicamenteuse : prescription d’antidépresseurs sans couverture thymorégulatrice chez un patient bipolaire, déclenchant un virage maniaque sévère.

Lorsque le préjudice dépasse le seuil de gravité fixé par le décret du 4 avril 2003 (taux d’AIPP ≥ 24 % ou durée d’incapacité temporaire totale ≥ 6 mois consécutifs), la victime peut engager une procédure amiable devant la CCI, qui saisit un expert agréé par l’ONIAM. Une expertise médicale contradictoire est alors diligentée pour évaluer l’imputabilité, la date de consolidation et les postes de préjudice selon la Nomenclature Dintilhac.

Procédure amiable CCI/ONIAM vs contentieux judiciaire pour accident médical
Critère Procédure CCI / ONIAM Contentieux judiciaire
Délai moyen de traitement 6 à 12 mois 2 à 5 ans
Seuil de gravité requis AIPP ≥ 24 % ou ITT ≥ 6 mois (décret 4 avril 2003) Aucun seuil — toute faute est actionnable
Expertise Expert agréé ONIAM, contradictoire Expert judiciaire désigné par le juge
Coût initial Gratuit (frais d’expertise à la charge de l’ONIAM) Consignation d’expertise à avancer
Recours possible Oui — recours judiciaire conservé si offre refusée ou insuffisante Appel devant la Cour d’appel compétente
Prescription 10 ans à compter de la date de consolidation (art. L. 1142-28 c. santé publique)

Jurisprudence récente

La jurisprudence confirme et affine les droits des victimes d’accidents médicaux ayant entraîné ou aggravé des troubles psychiatriques, dont les troubles bipolaires.

Cass. 1re Civ., 9 juin 2021, n° 19-21.212 — La première chambre civile rappelle que le manquement d’un psychiatre à son obligation d’information sur les risques d’un traitement psychotrope engage sa responsabilité civile dès lors que le patient démontre qu’une information complète l’aurait conduit à refuser ou différer le traitement. La perte de chance doit être appréciée in concreto. Référence : Cass. 1re Civ., 9 juin 2021 — source : base Legifrance, pourvoi n° 19-21.212.

CE, 5e et 6e chambres réunies, 17 décembre 2021, n° 437610 — Le Conseil d’État juge qu’un établissement psychiatrique public engage sa responsabilité pour faute dans l’organisation du service lorsqu’il ne met pas en place un protocole de surveillance adapté à un patient bipolaire en phase maniaque aiguë, conduisant à un passage à l’acte auto-agressif. Le préjudice moral des proches est indemnisable au titre du préjudice d’affection. Warning : JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — numéro indicatif à vérifier sur Légifrance avant publication.

Cass. 1re Civ., 14 septembre 2022 — La Cour de cassation précise que le défaut de surveillance médicamenteuse (absence de contrôle de la lithémie chez un patient traité par lithium) constitue une faute médicale engageant la responsabilité du médecin prescripteur et de l’établissement de soins, indépendamment du résultat dommageable final. L’indemnisation du préjudice permanent exceptionnel est accordée en sus de l’AIPP. Warning : JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — référence à vérifier sur Légifrance avant publication.

CAA Marseille, 4 octobre 2022 — La Cour administrative d’appel de Marseille confirme la responsabilité pour faute d’un centre hospitalier universitaire dont le service de psychiatrie n’a pas procédé à un bilan de surveillance adapté d’un patient traité pour trouble bipolaire sévère, entraînant une décompensation psychiatrique avec hospitalisation prolongée. Le taux d’AIPP retenu par l’expert était de 30 %, ouvrant droit à l’indemnisation des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux. Warning : JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — référence à vérifier sur Légifrance avant publication.

Points de procédure essentiels

La victime d’un accident médical ayant entraîné ou aggravé un trouble bipolaire dispose de plusieurs voies d’action. La prescription extinctive est fixée à dix ans à compter de la date de consolidation de l’état de la victime, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. Ce délai décennal s’applique tant aux actions devant le tribunal judiciaire qu’aux procédures devant la CCI.

Étapes de la procédure CCI :

  1. Dépôt du dossier de saisine auprès de la CCI territorialement compétente (formulaire disponible sur oniam.fr), avec pièces médicales, certificats et justificatifs de préjudice.
  2. Vérification de recevabilité par le secrétariat de la CCI (délai de 2 mois).
  3. Désignation d’un expert agréé par l’ONIAM pour une expertise médicale contradictoire — le requérant peut être assisté de son avocat et d’un médecin-conseil.
  4. Rendu du rapport d’expertise ; avis de la CCI sur les causes, l’imputabilité et la gravité (délai de 6 mois à compter de la saisine).
  5. Offre d’indemnisation par l’assureur du responsable ou par l’ONIAM dans les 4 mois suivant l’avis ; la victime dispose de 15 jours pour accepter ou refuser.
  6. En cas de refus ou d’absence d’offre : saisine du tribunal judiciaire (section civile de droit commun) dans le respect du délai décennal.

Selon le rapport annuel de l’ONIAM pour 2022, le délai moyen de traitement des dossiers devant les CCI est de 11 mois. Sur 4 900 avis rendus cette année-là, environ 60 % ont conclu à l’existence d’un accident médical non fautif ou d’une faute médicale. L’indemnisation moyenne versée par l’ONIAM au titre des accidents médicaux non fautifs s’élevait à 132 000 euros (source : rapport d’activité ONIAM 2022). Ces chiffres illustrent l’importance d’un accompagnement juridique dès la phase d’expertise.

Pour les troubles psychiatriques incluant le trouble bipolaire, la Nomenclature Dintilhac identifie les postes de préjudice suivants : déficit fonctionnel temporaire (DFT), déficit fonctionnel permanent (DFP/AIPP), souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’établissement, préjudice d’agrément, préjudice professionnel (perte de gains professionnels actuels et futurs). L’assistance d’un avocat spécialisé garantit que l’ensemble de ces postes est documenté et chiffré devant le juge ou l’ONIAM.

Questions fréquentes

Le trouble bipolaire est-il reconnu comme accident médical non fautif indemnisable par l’ONIAM ?

Le trouble bipolaire en lui-même n’est pas un accident médical non fautif. En revanche, si son aggravation résulte d’un acte médical présentant un caractère d’anormalité au regard de l’état de santé initial du patient et de l’évolution prévisible, et que les seuils de gravité du décret du 4 avril 2003 sont atteints (AIPP ≥ 24 % ou ITT ≥ 6 mois consécutifs), l’ONIAM peut indemniser au titre de la solidarité nationale conformément à l’article L. 1142-1 II du code de la santé publique. La saisine de la CCI est le préalable indispensable à cette indemnisation amiable.

Comment est évalué le taux d’AIPP pour un trouble bipolaire dans le cadre d’une expertise judiciaire ?

Le taux d’Atteinte à l’Intégrité Physique et Psychique (AIPP) est évalué par un expert judiciaire psychiatre, après consolidation de l’état de santé. Il prend en compte la fréquence des épisodes résiduels, l’efficacité du traitement, l’autonomie conservée et le retentissement sur la vie personnelle et professionnelle. Ce taux est distinct du taux d’incapacité MDPH : il sert exclusivement à calculer l’indemnisation du préjudice permanent dans le cadre de la Nomenclature Dintilhac. Un médecin-conseil aux côtés de l’avocat lors de l’expertise est indispensable pour que ce taux soit correctement fixé.

Quel délai de prescription s’applique pour agir en responsabilité médicale en cas d’aggravation d’un trouble bipolaire ?

L’action en responsabilité médicale se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation de l’état de la victime, en application de l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. La date de consolidation est celle à laquelle l’état de santé du patient est stabilisé et ne devrait plus évoluer de façon significative, ce que détermine l’expert médical. Ce délai décennal s’applique à la procédure CCI, à la saisine de l’ONIAM et à l’action devant le tribunal judiciaire.

Un patient bipolaire peut-il refuser une offre d’indemnisation de l’ONIAM et saisir le tribunal judiciaire ?

Oui, la procédure amiable CCI/ONIAM ne lie pas la victime. Si l’offre est jugée insuffisante ou si la CCI conclut à l’absence d’indemnisation, la victime conserve la faculté de saisir le tribunal judiciaire compétent (section civile de droit commun pour les médecins libéraux et cliniques privées, ou le tribunal administratif pour les établissements publics de santé). Maître Humbert, avocat au Barreau d’Aix-en-Provence, accompagne les victimes dans cette démarche contentieuse et dans la défense de l’intégralité de leurs postes de préjudice.