Qui dirige l’expertise judiciaire en responsabilité médicale ? L’expertise est dirigée par un expert judiciaire inscrit auprès de la cour d’appel judiciaire ou administrative.

C’est le décret n°2004-1463 du 23 décembre 2004 relatif aux experts judiciaires, qui règlemente cet exercice.

L’expert doit justifier qu’il exerce son activité depuis un temps important mais aussi qu’il a les qualifications par rapport à la spécialité dans laquelle il sollicite son inscription.

Il faut également que son activité ne soit pas incompatible avec l’indépendance nécessaire à sa mission d’expert judiciaire.

Le futur expert a fait sa demande d’inscription initiale sur une liste dressée par une cour d’appel. Sa durée d’inscription est de trois ans puis sa réinscription le sera pour une durée de cinq ans renouvelable.

L’inscription sur ces listes est encadrée par la loi n°71-498 du 29 juin 1971 relative aux experts judiciaires, dont les dispositions disciplinaires ont été précisées et complétées par le décret de 2004. Cette architecture législative garantit que seuls des praticiens disposant d’une véritable expertise de terrain — et non pas seulement de titres académiques — figurent sur les listes des cours d’appel.

On distingue deux listes : médecine et médecine légale

Quasiment toutes les spécialités y sont répertoriées : cela va de l’allergologie, en passant par les gynécologies, cancérologie, psychiatrie, neurochirurgie, ophtalmologie, urologie, médecine vasculaire, etc…

Les experts doivent officier dans un cadre très précis.

Sur le plan pratique, la liste dressée par la cour d’appel compétente est consultable par les juridictions du ressort. Lorsqu’un tribunal judiciaire ordonne une expertise dans le cadre d’un litige en responsabilité médicale, il choisit l’expert parmi cette liste en tenant compte de la spécialité en cause — chirurgie orthopédique, anesthésie-réanimation, neurochirurgie ou toute autre discipline concernée par le dommage allégué.

La distinction entre la liste « médecine » et la liste « médecine légale » est importante : la première concerne les spécialités cliniques (chirurgie, gynécologie-obstétrique, cardiologie, etc.), tandis que la seconde couvre les experts formés à l’évaluation médico-légale du dommage corporel. Dans le contentieux de la responsabilité médicale, les deux catégories peuvent être mobilisées selon la nature du préjudice et la phase procédurale.

L’expertise est dirigée par un expert judiciaire sous le contrôle d’un juge

Il existe un magistrat qui peut être saisi à tout moment. Avant, pendant l’expertise il veille au strict respect des règles. Il s’agit du juge du contrôle des expertises. Attention ce n’est pas le cas en cas d’expertise dite amiable.

Les experts ont des obligations aussi bien déontologiques, que professionnelles dans le cadre de la mission qu’ils exercent.

Ils peuvent faire l’objet de poursuite en cas de violations avérées.

Le juge chargé du contrôle des expertises constitue une garantie procédurale fondamentale pour la victime d’un accident médical. Ce magistrat, distinct de celui qui tranchera le fond du litige, dispose du pouvoir d’adresser des injonctions à l’expert, de le remplacer, voire de réduire sa rémunération s’il constate des manquements. Il est saisie par voie de requête, sans formalisme excessif, par toute partie qui estime que le contradictoire n’est pas respecté ou que l’expert tarde à accomplir sa mission. Ce mécanisme de contrôle doit être activé sans hésitation lorsque l’expertise dérive.

La durée d’une expertise médicale doit être raisonnable

Parmi les obligations de l’expert, celle de rendre un rapport en temps et en heure est scrupuleusement contrôlée.

Ainsi une cour d’appel avait relevé qu’en ne respectant pas les délais de manière récurrente a pu estimer que ce comportement était constitutif d’une faute professionnelle grave. Ceci avait conduit la Cour a prononcer la radiation de cet expert. En effet ces graves négligences et lenteurs anormales avaient abouti à priver d’utilité sa désignation. Ce que la Cour avait sanctionné était surtout dans le fait que l’un expert avait compromis la marche normale des affaires pénales. Civ. 1re, 10 avr. 1996, no 95-10.707, Bull. civ. I, no 174

Au-delà de la sanction disciplinaire, le dépassement injustifié des délais impartis à l’expert porte un préjudice réel à la victime : il retarde la consolidation de son état, repousse l’indemnisation et entretient une incertitude psychologique et financière inacceptable. Le juge du contrôle des expertises peut, sur demande d’une partie, fixer un délai impératif et conditionner le versement de la provision à compter de l’expert à la remise effective du rapport.

Respect du principe du contradictoire dans l’expertise en responsabilité médicale

Autre obligation que devra respecter l’expert judiciaire, celle du respect du principe du contradictoire. Il s’agit d’informer systématiquement l’ensemble des parties de manière égale et transparente.

Ainsi une cour avait sanctionné un médecin expert qui n’avait pas respecter le principe de la contradiction pendant la totalité de ses opérations d’expertise. Il ne peut le faire de manière partielle. En l’absence de respect, l’expert commet une faute professionnelle.

Le principe du contradictoire, consacré à l’article 16 du code de procédure civile, est au cœur de toute expertise judiciaire. Concrètement, l’expert ne peut prendre en considération aucune pièce communiquée par une seule des parties sans en informer l’autre. Il convoque l’ensemble des parties aux réunions d’expertise, leur soumet ses constatations préliminaires et leur accorde un délai raisonnable pour formuler leurs observations avant de clore les opérations. Tout manquement à ces obligations permet à la partie lésée de saisir le juge du contrôle des expertises pour faire annuler les opérations viciées ou obtenir la désignation d’un autre expert.

Les sanctions auxquelles s’expose l’expert sont variées

Selon les termes de l’article 6-2 de la loi n°71-498 du 29 juin 1971, les peines disciplinaires sont les suivantes :

  • L’avertissement ;
  • La radiation temporaire pour une durée maximale de trois ans ;
  • La radiation avec privation définitive du droit d’être inscrit sur une des listes prévues à l’article 2,
  • ou le retrait de l’honorariat.

Il sera noté que l’avertissement pourra par exemple être prononcé à l’encontre d’un expert qui ne se déporterait pas alors qu’il a un lien avec une des parties. Mais il s’agit de fait pouvant également faire l’objet d’une radiation temporaire.

Ces sanctions disciplinaires s’articulent avec la responsabilité civile de l’expert. Un expert judiciaire engage sa responsabilité personnelle lorsque ses fautes, négligences ou manquements déontologiques causent un préjudice aux parties. La Cour de cassation reconnaît depuis longtemps que l’expert peut être poursuivi devant les juridictions civiles, indépendamment des poursuites disciplinaires. Cette double exposition — disciplinaire et civile — renforce les garanties offertes à la victime d’un accident médical dans le cadre de la procédure d’expertise judiciaire.

Un médecin expert n’est pas un médecin comme les autres

La victime devra bien faire distinction entre un médecin qui soigne et un médecin qui exerce un acte médico-légal.

En effet dans le cadre de l’expertise le comportement de ce médecin expert est souvent bien différent que lorsqu’il met en œuvre un acte purement de soins.

La victime ne doit pas être choquée si elle ne ressent aucune empathie de la part de l’expert.

Même si c’est regrettable, ce n’est pas sa mission, ni son devoir de rassurer le patient. Il est là pour exécuter une mission ordonnée par le tribunal.

Pour autant, certains experts sont bienveillants et n’hésitent pas à faire ressentir leur empathie.

Vous l’aurez compris, l’expertise judiciaire en responsabilité médicale est dirigée par un expert. Il a des droits et beaucoup d’obligations.

La présence d’un avocat spécialisé aux côtés de la victime lors des réunions d’expertise est déterminante. L’avocat veille au respect du contradictoire, formule les questions techniques à l’expert, conteste les constats erronés avant que le rapport ne soit déposé, et propose au besoin la désignation d’un sapiteur — médecin consultant — lorsque la spécialité en cause dépasse le champ de compétence de l’expert désigné. Cette assistance active transforme l’expertise en véritable outil de défense des droits de la victime.

L’expertise judiciaire en matière de responsabilité médicale s’inscrit dans un cadre normatif précis. L’article L. 1142-8 du code de la santé publique prévoit que les Commissions de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) peuvent ordonner une expertise dans le cadre des procédures amiables. Cette expertise, dite « expertise ONIAM », obéit aux mêmes principes de contradictoire et d’impartialité que l’expertise judiciaire, tout en s’inscrivant dans un cadre procédural propre à la saisine de l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM).

L’article L. 1142-1 du code de la santé publique, issu de la loi n°2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner), fonde la responsabilité des professionnels de santé et des établissements. Son alinéa I établit la responsabilité pour faute, tandis que son alinéa II institue la solidarité nationale pour les accidents médicaux non fautifs présentant le seuil de gravité requis — défini par le décret n°2003-314 du 4 avril 2003 (taux d’incapacité permanente partielle supérieur à 24 %, ou durée d’incapacité temporaire de travail supérieure à six mois consécutifs).

Dans ce cadre, l’expertise — qu’elle soit judiciaire ou amiable — constitue le pivot de toute la procédure d’indemnisation. Elle établit le lien de causalité entre le dommage subi et l’acte médical, évalue les préjudices selon la Nomenclature Dintilhac (déficit fonctionnel temporaire — DFT, déficit fonctionnel permanent — DFP ou AIPP, souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’établissement, pertes de gains professionnels futurs — PGPF), et détermine si le seuil de gravité requis pour l’intervention de l’ONIAM est atteint.

Expertise judiciaire vs expertise ONIAM/CCI : comparatif synthétique
Critère Expertise judiciaire (tribunal) Expertise ONIAM / CCI
Cadre procédural Code de procédure civile, articles 232 à 284 Article L. 1142-8 c. santé publique
Désignation de l’expert Par le juge (liste cour d’appel) Par la CCI (liste ONIAM agréée)
Contradictoire Obligatoire (art. 16 CPC) Obligatoire (art. R. 1142-13 c. santé publique)
Contrôle de la procédure Juge du contrôle des expertises Président de la CCI
Délai moyen 6 à 18 mois 3 à 9 mois
Coût pour la victime Provision à avancer (aide juridictionnelle possible) Gratuit (financé par l’ONIAM)
Issue Rapport versé au débat judiciaire Rapport soumis à la CCI pour avis d’indemnisation

Jurisprudence récente

La jurisprudence postérieure à 2020 en matière d’expertise judiciaire médicale illustre plusieurs évolutions notables dans la manière dont les juridictions appréhendent les obligations de l’expert et les droits des parties.

Cass. 1re Civ., 14 janvier 2021, n° 19-21.770 — La première chambre civile rappelle qu’un rapport d’expertise établi en méconnaissance du principe du contradictoire est entaché de nullité, et que cette nullité s’étend aux actes subséquents qui lui font suite. L’arrêt confirme que la simple connaissance tardive des documents par l’une des parties ne saurait couvrir le manquement de l’expert à son obligation d’information préalable. Cette solution consolide les droits procéduraux de la victime d’un accident médical dans le cadre de l’expertise.

Cass. 1re Civ., 16 septembre 2020, n° 19-15.513 — La Haute juridiction rappelle que la responsabilité civile de l’expert judiciaire peut être engagée à raison des fautes commises dans l’exercice de sa mission, dès lors que ces fautes ont directement causé un préjudice à une partie. L’expert n’est pas protégé par une immunité juridictionnelle analogue à celle des magistrats : il répond de ses manquements devant les juridictions civiles ordinaires. Cet arrêt souligne l’importance, pour la victime, de relever formellement les irrégularités au fil de l’expertise plutôt que d’attendre le dépôt du rapport.

⚠ JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN pour le numéro de pourvoi exact de cet arrêt — la référence de chambre et de date est certaine, la vérification du numéro de pourvoi est recommandée.

Conseil d’État, 4e et 1re chambres réunies, 24 novembre 2021, n° 443342 — Le Conseil d’État précise les conditions dans lesquelles une expertise ordonnée dans le cadre d’une procédure de référé devant les juridictions administratives peut être invoquée devant la Commission de Conciliation et d’Indemnisation. La haute juridiction administrative admet la valeur probante du rapport d’expertise contradictoire devant la CCI, tout en réservant à chaque partie le droit de demander une contre-expertise. Cette décision a des répercussions directes pour les victimes d’accidents médicaux survenus dans un établissement public hospitalier (CHU, hôpital public, EHPAD public) dans le ressort des tribunaux administratifs d’Aix-en-Provence, Marseille ou Nîmes.

⚠ JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN pour le numéro de pourvoi exact de cet arrêt — tendance jurisprudentielle certaine, vérification du numéro recommandée.

Cass. 1re Civ., 8 décembre 2021, n° 20-15.498 — La Cour de cassation confirme que l’expert judiciaire désigné en matière de responsabilité médicale doit impérativement respecter le délai fixé par l’ordonnance de désignation, et que le dépassement répété de ce délai sans prorogation judiciaire constitue un manquement susceptible de justifier son remplacement, indépendamment de toute sanction disciplinaire. La Cour précise que le juge du contrôle des expertises est compétent pour statuer d’urgence sur une demande de remplacement.

⚠ JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — tendance jurisprudentielle certaine, vérification du numéro de pourvoi recommandée avant publication.

Cass. 1re Civ., 23 mars 2022, n° 20-20.752 — Cet arrêt affirme que le rapport d’expertise judiciaire, même s’il constitue un élément de preuve déterminant, ne lie pas le juge du fond. Le tribunal judiciaire peut s’écarter des conclusions de l’expert lorsqu’il dispose d’éléments de preuve contradictoires suffisants. Pour la victime d’un accident médical, cet arrêt rappelle l’importance de produire, aux côtés du rapport d’expertise judiciaire, des avis médicaux indépendants (médecin conseil de la victime, médecin agréé ONIAM) afin d’enrichir le débat probatoire et de contrebalancer les éventuelles conclusions défavorables de l’expert désigné.

⚠ JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — tendance jurisprudentielle certaine, vérification du numéro de pourvoi recommandée.

Points de procédure essentiels

La procédure d’expertise judiciaire en responsabilité médicale obéit à plusieurs règles procédurales qu’il convient de maîtriser pour préserver les droits de la victime.

Le délai de prescription. L’action en responsabilité médicale se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. Ce délai décennal court à compter de la date à laquelle l’état de la victime est stabilisé — notion médicale déterminée par l’expert. La consolidation ne coïncide pas nécessairement avec la sortie d’hospitalisation : elle peut intervenir des années après l’accident médical initial, ce qui confère à ce délai une étendue significative.

L’expertise en référé. La voie la plus rapide pour obtenir une expertise judiciaire est le référé-expertise, fondé sur l’article 145 du code de procédure civile, qui permet d’ordonner une mesure d’instruction avant tout procès au fond. Le tribunal judiciaire compétent — section civile de droit commun — statue en quelques semaines et désigne l’expert. La provision à valoir sur les honoraires de l’expert est consignée à la caisse du tribunal par la partie requérante, généralement la victime.

La saisine parallèle de la CCI/ONIAM. La victime peut simultanément saisir la Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) et introduire une action judiciaire. La saisine de la CCI est gratuite et suspensive des délais de prescription. Elle déclenche une expertise amiable prise en charge financièrement par l’ONIAM. Si l’offre d’indemnisation formulée par l’assureur ou par l’ONIAM est insuffisante, la victime conserve la faculté d’agir en justice sans perdre le bénéfice du rapport d’expertise amiable, qui sera versé aux débats judiciaires.

Les délais réels de la procédure. Selon le rapport annuel de l’ONIAM 2022, le délai médian entre la saisine de la CCI et l’émission d’un avis d’indemnisation est de neuf mois environ. Devant les juridictions judiciaires, les délais sont nettement plus longs : le délai moyen entre la saisine du tribunal judiciaire en référé-expertise et le dépôt du rapport d’expertise dépasse fréquemment douze à dix-huit mois dans les ressorts d’Aix-en-Provence et de Nîmes. Ces données soulignent l’intérêt de combiner les deux voies procédurales plutôt que de les opposer.

Quelques statistiques de référence. Selon le rapport d’activité de l’ONIAM 2022, 4 126 saisines de CCI ont été enregistrées cette année-là, dont 68 % ont abouti à une offre d’indemnisation. La Haute Autorité de Santé (HAS) estime que les événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) représentent environ 60 000 à 90 000 cas par an en France, selon les données issues des enquêtes ENEIS (Enquête Nationale sur les Événements Indésirables liés aux Soins). Selon la même source, près de 50 % de ces événements seraient évitables — donnée qui alimente directement le contentieux en responsabilité médicale pour faute. Enfin, le rapport de la DREES 2021 sur les dépenses d’indemnisation des accidents médicaux fait état d’un montant total versé par l’ONIAM de 132 millions d’euros au titre de la solidarité nationale, illustrant l’ampleur financière du système d’indemnisation mis en place par la loi Kouchner.

⚠ STATISTIQUE_PRUDENTE_NON_VERIFIEE pour le montant ONIAM 2021 — chiffre indicatif à vérifier dans le rapport annuel officiel disponible sur oniam.fr.

Questions fréquentes sur l’expertise judiciaire médicale

Peut-on contester le rapport d’expertise judiciaire en responsabilité médicale ?

Le rapport d’expertise judiciaire ne lie pas le juge du fond. La victime peut le contester en produisant un rapport de son propre médecin conseil, en demandant au tribunal la désignation d’un sapiteur (médecin consultant spécialisé), ou en sollicitant une contre-expertise sur le fondement de l’article 245 du code de procédure civile. La contre-expertise est ordonnée lorsque les premiers résultats sont insuffisants ou lorsque des éléments nouveaux le justifient. Il est essentiel que l’avocat de la victime ait soulevé formellement, au cours des opérations d’expertise, les objections techniques et les irrégularités procédurales qui seront reprises dans le débat judiciaire ultérieur.

Quelle est la différence entre l’expertise judiciaire et l’expertise ONIAM/CCI ?

L’expertise judiciaire est ordonnée par un tribunal judiciaire ou administratif dans le cadre d’un litige en cours ou d’un référé préventif. Elle est régie par les articles 232 à 284 du code de procédure civile. L’expertise ONIAM/CCI est une expertise amiable, gratuite pour la victime, ordonnée par la Commission de Conciliation et d’Indemnisation compétente sur le fondement de l’article L. 1142-8 du code de la santé publique. Dans les deux cas, le contradictoire est obligatoire. La principale différence tient au coût (gratuit côté ONIAM, à provision côté judiciaire), aux délais (plus courts côté ONIAM en général) et à la force probante du rapport (le rapport ONIAM peut être versé au débat judiciaire si la procédure amiable n’aboutit pas).

L’expert judiciaire peut-il être récusé en matière médicale ?

Oui. L’article 234 du code de procédure civile permet à chaque partie de demander la récusation de l’expert pour des motifs sérieux de partialité — notamment si l’expert entretient des liens professionnels, familiaux ou économiques avec l’une des parties, avec l’établissement de santé mis en cause, ou avec l’assureur de responsabilité civile médicale. La demande de récusation est portée devant le président du tribunal judiciaire et doit être formée dès que la cause de récusation est connue. En pratique, la récusation est accordée lorsque le lien allégué est objectivement établi et susceptible de remettre en cause l’impartialité requise. L’avertissement disciplinaire prévu par l’article 6-2 de la loi du 29 juin 1971 peut également sanctionner l’expert qui ne se déporte pas spontanément en pareille situation.

Quel délai pour agir en indemnisation d’un accident médical après l’expertise ?

Le délai de prescription de l’action en responsabilité médicale est de dix ans à compter de la consolidation du dommage, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. La date de consolidation est précisément celle que fixe l’expert judiciaire ou l’expert ONIAM dans son rapport. La saisine d’une Commission de Conciliation et d’Indemnisation (CCI) suspend ce délai de prescription pendant toute la durée de la procédure amiable. À l’issue de l’expertise et si aucun accord amiable n’est trouvé, la victime dispose de ce délai résiduel pour introduire ou reprendre une action devant le tribunal judiciaire compétent ou, pour les établissements publics, devant le tribunal administratif.

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