Une tendinite de l’épaule provoque une gêne fonctionnelle qui peut rendre difficile la poursuite d’une activité professionnelle. La question de l’arrêt de travail se pose alors, tout comme celle d’une éventuelle reconnaissance en maladie professionnelle lorsque la pathologie résulte de mouvements répétitifs. Cet article présente les règles applicables, leurs sources et leurs conséquences pratiques.

Comprendre la tendinite de l’épaule et les tendinites du tendon

La tendinite désigne une inflammation du tendon, souvent liée à un geste répétitif ou à un traumatisme. Au niveau de l’épaule, elle touche fréquemment le tendon du muscle supra-épineux, dont le rôle est essentiel dans l’élévation du bras et la stabilité de l’articulation. L’inflammation peut être aiguë, après un traumatisme, ou devenir une tendinite chronique lorsque la sollicitation se prolonge. Certaines formes, dites tendinite calcifiante, s’accompagnent d’un dépôt calcique visible à l’imagerie. La douleur, souvent nocturne, irradie parfois vers l’omoplate et limite les mouvements, ce qui peut justifier de consulter un médecin pour évaluer la nécessité d’un arrêt.

Durée de l’arrêt de travail dans un cas de tendinite

La durée d’un arrêt de travail pour tendinopathie de l’épaule dépend de la sévérité de l’atteinte et de la nature de l’activité professionnelle. Un travail sédentaire permet parfois une reprise rapide, tandis qu’une activité exigeant des mouvements répétitifs ou le port de charges peut nécessiter de prolonger l’arrêt. L’article L. 321-1 du code de la sécurité sociale encadre la prise en charge des indemnités journalières pendant l’incapacité de travail liée à la maladie. En pratique, seul le médecin traitant peut apprécier la durée adaptée, en fonction de l’évolution clinique, du degré de cicatrisation des tissus atteints et de la réponse au traitement.

Tendinite, coiffe des rotateurs et rupture de la coiffe : quand s’interroger

Une douleur persistante malgré le repos peut signaler une rupture partielle, voire une rupture de la coiffe des rotateurs. L’usure des tendons de la coiffe, liée à l’âge ou à des gestes répétés, favorise ce type de lésion. Une rupture de coiffe se distingue de la tendinite simple par une perte de force et une limitation plus marquée de l’élévation du bras. Un examen d’imagerie complémentaire permet souvent de préciser le diagnostic. Cette distinction conditionne le choix thérapeutique, entre traitement conservateur et intervention chirurgicale.

Traitement de la tendinopathie : rééducation, immobilisation ou chirurgie

Le traitement initial des tendinites repose généralement sur le repos, les anti-inflammatoires, parfois une infiltration de corticoïde en cas de douleur résistante, et la kinésithérapie, destinée à restaurer la mobilité et la force de l’articulation. Une phase de physiothérapie, associant rééducation progressive et exercices de renforcement, accompagne souvent la reprise d’activité. Lorsque la pathologie inflammatoire résiste au traitement médical, ou en cas de rupture confirmée, une chirurgie peut être envisagée. L’acte chirurgical impose alors une période d’immobilisation suivie d’une rééducation prolongée, ce qui influence directement la durée de l’arrêt de travail.

La tendinite de l’épaule en maladie professionnelle

Les tendinites de l’épaule liées à des mouvements répétitifs peuvent relever du régime des maladies professionnelles. Le tableau n° 57 des maladies professionnelles, annexe II du code de la sécurité sociale, vise notamment les affections périarticulaires provoquées par certains gestes professionnels. L’article L. 461-1 du code de la sécurité sociale pose le cadre général de la reconnaissance des maladies professionnelles, y compris lorsque la pathologie n’est pas inscrite au tableau. L’instruction fait alors intervenir le comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, dont la composition est fixée par l’article D. 461-27 du code de la sécurité sociale. En cas de reconnaissance, une indemnité en capital ou une rente est due selon le taux d’incapacité permanente (articles L. 434-1 et L. 434-2 du code de la sécurité sociale), et les droits aux prestations se prescrivent par deux ans (article L. 431-2).

Rôle de l’avocat devant la commission ou le pôle social

La caisse peut refuser la reconnaissance de la pathologie, contester le taux d’incapacité retenu ou la durée de l’arrêt indemnisé. Selon l’objet du litige, l’assuré saisit dans les deux mois de la notification la commission de recours amiable, pour un refus de reconnaissance ou une question administrative, ou la commission médicale de recours amiable, pour le taux d’incapacité ou la durée de l’arrêt indemnisé, puis le pôle social du tribunal judiciaire en cas de désaccord persistant. Un avocat peut assister l’assuré à chaque étape de la procédure, l’aider à réunir les pièces médicales et professionnelles utiles, et présenter les observations devant la juridiction compétente.

Questions fréquentes

Est-il possible de travailler avec une tendinite de l’épaule ?

Cela dépend de l’intensité des douleurs et de la nature du poste. Une activité sans mouvements répétitifs peut parfois être maintenue, sous réserve de l’avis du médecin traitant.

Est-ce qu’un arrêt de travail est nécessaire pour une tendinite ?

Un arrêt n’est pas systématique. Il dépend de la gêne fonctionnelle et de la compatibilité entre les symptômes et les tâches exercées au quotidien.

Quand reprendre le travail après une tendinite ?

La reprise s’envisage après amélioration clinique confirmée par le médecin, souvent à l’issue d’une phase de rééducation adaptée à l’articulation concernée.

Est-ce qu’une douleur à l’épaule peut justifier un arrêt de travail ?

Oui, dès lors que la douleur limite significativement la capacité à exercer l’activité professionnelle, sur prescription du médecin traitant.