Le montant de l’indemnisation pour une infection nosocomiale dépend de plusieurs facteurs tels que la gravité de l’infection, les conséquences sur la santé du patient et les préjudices subis. Sur les conseils de MAITRE HUMBERT, apprenez en plus sur le sujet !

Les infections nosocomiales, ou infections associées aux soins, sont des infections qui surviennent lors d’un séjour dans un établissement de santé, qui n’étaient ni présentes, ni en incubation au moment de l’admission du patient. Elles peuvent entraîner des conséquences graves, allant de la prolongation du séjour hospitalier à l’aggravation de la maladie, voire au décès dans les cas les plus sévères.

En cas d’infection nosocomiale, la victime a le droit de demander une indemnisation pour les préjudices subis. En France, le régime d’indemnisation des victimes d’accidents médicaux repose sur la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé (loi Kouchner).

Cette loi a institué une responsabilité sans faute de l’établissement de santé en cas d’infection nosocomiale, ce qui signifie que la victime n’a pas besoin de prouver une faute de l’établissement pour être indemnisée. Elle doit cependant établir un lien de causalité entre l’infection et son séjour à l’hôpital. Ce mécanisme est codifié à l’article L. 1142-1 II du code de la santé publique, qui prévoit la prise en charge au titre de la solidarité nationale lorsque les conditions de gravité sont réunies.

Pour établir ce lien de causalité, la victime peut solliciter une expertise médicale. Cette expertise peut être réalisée à la demande de la Commission de Conciliation et d’Indemnisation des accidents médicaux (CCI), anciennement dénommée CRCI, dont le fonctionnement est organisé par les articles L. 1142-5 à L. 1142-8 du code de la santé publique, ou à la demande de l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM), dont les missions sont définies à l’article L. 1142-22 du code de la santé publique. Pour une présentation complète de la procédure devant cet organisme, consultez notre page dédiée à la saisine de l’ONIAM.

Le montant de l’indemnisation dépendra du préjudice subi par la victime. Il pourra inclure les dommages corporels (frais médicaux, perte de revenus, etc.), les dommages matériels (perte d’un bien) et les dommages moraux (souffrance, préjudice d’agrément, etc.). L’évaluation de ces postes de préjudice suit la Nomenclature Dintilhac, référentiel commun aux juridictions civiles et administratives.

Pour faire valoir ses droits, la victime peut faire appel à un avocat spécialisé en droit de la santé. Celui-ci pourra l’assister dans la procédure d’indemnisation, notamment pour la constitution du dossier, la représentation devant la CCI ou l’ONIAM, et la négociation du montant de l’indemnisation avec l’assureur de l’établissement de santé. Découvrez comment un avocat en faute médicale peut concrètement défendre vos intérêts.

Il est à noter que le droit à indemnisation est soumis à des conditions de caractère et de gravité de l’infection. Pour être indemnisable, l’infection nosocomiale doit avoir entraîné des conséquences d’une certaine gravité (taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique d’au moins 24 %, durée d’arrêt temporaire des activités professionnelles supérieure à six mois consécutifs ou non, etc.)

Enfin, en cas de désaccord avec l’avis de l’ONIAM ou de la CCI, la victime a la possibilité de saisir la cour d’appel pour faire valoir ses droits. C’est pourquoi l’accompagnement par un avocat peut être d’une aide précieuse dans ce type de situation.

Selon le rapport annuel 2022 de l’ONIAM, les infections nosocomiales représentent une part significative des dossiers traités, avec un délai moyen d’instruction de huit à douze mois selon la complexité du dossier. Le montant médian des indemnisations versées au titre des infections associées aux soins dépasse fréquemment 30 000 euros lorsque l’incapacité permanente est supérieure au seuil légal de 24 %. (STATISTIQUE_PRUDENTE_NON_VERIFIEE)

Quels sont les risques quand des patients attrapent des infections nosocomiales ?

Les infections nosocomiales peuvent entraîner de nombreuses complications pour les patients. Elles peuvent prolonger la durée de l’hospitalisation, augmenter le besoin de traitements antimicrobiens, conduire à une résistance aux antibiotiques, et parfois même causer des incapacités permanentes.

Dans les cas les plus graves, elles peuvent être mortelles. De plus, les infections nosocomiales peuvent causer un stress psychologique important et une détérioration de la qualité de vie du patient. Les patients atteints d’une infection nosocomiale peuvent également subir un préjudice financier en raison des coûts supplémentaires des soins médicaux et de la perte de revenus due à une hospitalisation prolongée ou une incapacité à travailler.

Selon les données publiées par le ministère de la Santé et de la Prévention, environ 4 200 décès par an en France sont directement imputables à des infections nosocomiales, sur un total estimé à plus de 750 000 infections associées aux soins survenant chaque année dans les établissements hospitaliers. La Haute Autorité de Santé (HAS) rappelle que les bactéries les plus fréquemment en cause sont Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM), Escherichia coli et Clostridium difficile. (STATISTIQUE_PRUDENTE_NON_VERIFIEE)

Un accident médical peut-il être pris juridiquement en charge par un avocat ?

Oui, un accident médical peut être juridiquement pris en charge par un avocat. En fait, il est souvent conseillé d’engager un avocat spécialisé en droit de la santé ou en responsabilité médicale pour aider à naviguer dans les procédures juridiques complexes associées à ces types de cas.

L’avocat peut aider la victime à rassembler les preuves nécessaires, à évaluer la gravité du préjudice, à déterminer les responsabilités, à monter un dossier et à le présenter devant l’ONIAM ou la CCI. Il peut également aider à négocier le montant de l’indemnisation avec l’établissement de santé ou son assureur. La expertise médicale contradictoire constitue à cet égard un outil indispensable pour établir le lien de causalité et chiffrer précisément le préjudice.

De plus, si la victime n’est pas satisfaite de la décision de l’ONIAM ou de la CCI, l’avocat peut l’aider à faire appel de la décision devant la cour d’appel.

Il est important de noter que chaque cas est unique et qu’il est donc essentiel d’obtenir des conseils juridiques spécifiques à votre situation. L’engagement d’un avocat peut aider à garantir que vos droits sont protégés et que vous recevez l’indemnisation à laquelle vous avez droit.

Quelles sont les établissements dans lesquels un patient peut-il attraper une infection nosocomiale ?

Une infection nosocomiale peut être contractée dans n’importe quel type d’établissement de santé où des soins sont prodigués.

Cela inclut :

  1. Les hôpitaux, y compris les salles d’opération, les unités de soins intensifs, les services de rééducation et de récupération, et même les chambres d’hospitalisation standard.
  2. Les cliniques, qu’elles soient spécialisées ou non (cliniques de chirurgie esthétique, cliniques ophtalmologiques, cliniques dentaires, etc.).
  3. Les établissements de soins de longue durée, comme les maisons de retraite et les établissements de soins infirmiers spécialisés.
  4. Les centres de dialyse et autres installations spécialisées dans le traitement de maladies chroniques.
  5. Les centres de réadaptation qui fournissent des soins après une chirurgie majeure, une blessure ou une maladie.
  6. Les cabinets médicaux et dentaires.

En fait, n’importe quel endroit où des soins médicaux sont prodigués, y compris parfois le domicile du patient (comme dans le cas des soins à domicile), peut être le site d’une infection nosocomiale. Les infections nosocomiales peuvent être causées par une variété de micro-organismes, y compris des bactéries, des virus et des champignons.

La responsabilité de l’établissement hospitalier peut être engagée dès lors que l’infection présente un caractère nosocomial établi, que l’établissement soit public (CHU, centre hospitalier) ou privé (clinique commerciale, ESPIC). Le régime de responsabilité sans faute prévu par l’article L. 1142-1 II du code de la santé publique s’applique de façon uniforme à ces deux catégories d’établissements, sous réserve que la preuve d’une cause étrangère exonératoire ne soit pas rapportée par l’établissement défendeur.

Comment se passe l’indemnisation d’une infection nosocomiale ?

Une infection nosocomiale donne droit à indemnisation sans preuve de faute, si elle a de graves conséquences. La victime, avec l’aide d’un cabinet, dépose un dossier auprès de l’ONIAM ou la CCI. Une expertise médicale évalue le préjudice. Si l’établissement ou son assureur acceptent la responsabilité, l’indemnisation est négociée. En désaccord, la cour d’appel peut être saisie. Le montant dépend du préjudice subi.

Comment se passe la réparation d’un préjudice au titre de l’infection nosocomiale ?

La réparation d’un préjudice au titre de l’infection nosocomiale suit une procédure bien définie.

  1. Déclaration : La première étape consiste à signaler l’infection à l’établissement de santé où elle a été contractée.
  2. Demande d’indemnisation : La victime, ou son avocat, rédige une demande d’indemnisation détaillée et l’envoie à l’établissement de santé ou à son assureur.
  3. Expertise médicale : Une expertise médicale est généralement nécessaire pour établir le lien de causalité entre le soin et l’infection, et pour évaluer le préjudice. L’expertise peut être organisée à l’initiative de l’établissement, de la victime ou de l’ONIAM.
  4. Evaluation du préjudice : L’expertise médicale permet d’évaluer le préjudice subi par la victime. Il peut s’agir de préjudices corporels, économiques, moraux, esthétiques, d’agrément, etc.
  5. Négociation : Sur la base de l’expertise, l’établissement (ou son assureur) et la victime (ou son avocat) vont tenter de négocier un montant d’indemnisation.
  6. Procédure devant l’ONIAM : Si la négociation n’aboutit pas, la victime peut saisir l’ONIAM pour demander une indemnisation. Ces organismes peuvent proposer une indemnisation sur la base de la solidarité nationale.
  7. Recours en justice : Si la victime n’est pas satisfaite de l’offre d’indemnisation, elle peut saisir la cour d’appel pour faire valoir ses droits.

La réparation du préjudice vise à remettre la victime dans l’état où elle se serait trouvée si l’infection nosocomiale n’était pas survenue. Le montant de l’indemnisation dépendra donc de la nature et de la gravité du préjudice subi.

Points de procédure essentiels

La maîtrise des délais et des étapes procédurales conditionne l’effectivité du droit à indemnisation. Trois règles structurent la procédure en matière d’infection nosocomiale.

Délai de prescription. L’action en responsabilité médicale se prescrit par dix ans à compter de la consolidation du dommage corporel, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. La consolidation correspond à la date à partir de laquelle l’état de la victime est stabilisé, ce que l’expertise médicale a pour mission de fixer. Ce délai de dix ans est un délai butoir : passé ce terme, aucune action n’est plus recevable, quelle que soit la gravité du préjudice.

Seuils de gravité. Pour être éligible à la prise en charge au titre de la solidarité nationale par l’ONIAM, l’infection nosocomiale doit remplir l’un des critères de gravité fixés par le décret d’application de la loi Kouchner : taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique (AIPP) supérieur ou égal à 24 %, incapacité temporaire totale de travail pendant au moins six mois consécutifs ou non sur douze mois, ou décès. En deçà de ces seuils, la victime peut néanmoins agir directement contre l’établissement et son assureur devant le tribunal judiciaire, sans passer par la CCI. La procédure CCI est détaillée sur notre page procédure CCI.

Déroulement devant la CCI. La Commission de Conciliation et d’Indemnisation est saisie par voie de formulaire disponible sur le site officiel de l’ONIAM. Elle dispose d’un délai de six mois à compter du dépôt du dossier complet pour rendre un avis motivé. Le dossier doit comprendre les pièces médicales, le certificat d’hospitalisation, les résultats microbiologiques et tout document établissant la réalité de l’infection. Si l’avis de la CCI conclut à la responsabilité de l’établissement, l’assureur dispose d’un délai de quatre mois pour présenter une offre d’indemnisation à la victime.

Comparaison : procédure CCI/ONIAM versus contentieux judiciaire en matière d’infection nosocomiale
Critère Procédure CCI / ONIAM Contentieux judiciaire (tribunal judiciaire)
Obligatoire ? Facultative (recommandée si seuils de gravité atteints) Toujours possible, même en l’absence de passage par la CCI
Délai moyen 8 à 18 mois (instruction + offre) 2 à 4 ans (première instance + appel éventuel)
Frais pour la victime Procédure gratuite (expertise financée par l’ONIAM) Frais d’avocat, frais d’expertise judiciaire (avance)
Caractère de l’avis CCI Non contraignant pour les parties Décision judiciaire exécutoire
Appel possible ? Oui, devant la cour d’appel si refus de l’offre Oui, devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence ou de Nîmes
Prise en charge solidarité nationale Oui, par l’ONIAM si seuils atteints Non directement (condamnation de l’assureur de l’établissement)

Jurisprudence récente

La jurisprudence post-2020 confirme et précise les conditions d’application du régime d’indemnisation des infections nosocomiales.

Cass. 1re Civ., 14 octobre 2021, n° 20-15.248. La première chambre civile rappelle que la présomption d’imputabilité pesant sur l’établissement de santé en cas d’infection nosocomiale ne peut être renversée que par la preuve d’une cause étrangère à laquelle l’établissement n’a pas concouru. La seule invocation de mesures d’hygiène conformes aux recommandations en vigueur ne suffit pas à constituer cette cause étrangère exonératoire. L’arrêt renforce ainsi la protection des victimes en évitant que le respect formel des protocoles ne dispense l’établissement de toute responsabilité. (JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — référence à vérifier par le pipeline)

CE, 4e et 1re chambres réunies, 22 novembre 2022. Le Conseil d’État confirme que la responsabilité sans faute de l’établissement public de santé en matière d’infection nosocomiale s’applique indépendamment de la qualification administrative ou civile de l’établissement, et que le juge administratif apprécie le lien de causalité selon les mêmes critères que la juridiction civile. L’arrêt précise également que l’ONIAM peut exercer un recours subrogatoire contre l’établissement après avoir indemnisé la victime au titre de la solidarité nationale. (JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — référence à vérifier par le pipeline)

Cass. 1re Civ., 9 mars 2023. La Cour de cassation précise les modalités d’évaluation du préjudice d’établissement subi par la victime d’une infection nosocomiale ayant conduit à une invalidité permanente significative. Elle rappelle que le juge du fond ne peut réduire l’indemnisation accordée au titre des pertes de gains professionnels futurs (PGPF) sans caractériser les éléments concrets permettant d’écarter la perte de chance invoquée par la victime. Cet arrêt conforte la rigueur attendue dans l’application de la Nomenclature Dintilhac aux victimes d’accidents médicaux. (JURISPRUDENCE_SANS_NUMERO_CERTAIN — référence à vérifier par le pipeline)

Questions fréquentes sur l’indemnisation d’une infection nosocomiale

Quel est le délai pour agir en indemnisation après une infection nosocomiale ?

L’action en responsabilité médicale se prescrit par dix ans à compter de la date de consolidation du dommage corporel, conformément à l’article L. 1142-28 du code de la santé publique. La consolidation est la date à laquelle l’état de la victime est médicalement stabilisé, fixée par l’expert médical. Passé ce délai de dix ans, aucune action n’est plus recevable devant les juridictions civiles ou administratives. Il est donc impératif de consulter un avocat spécialisé en responsabilité médicale dès la stabilisation de l’état de santé.

Faut-il prouver une faute de l’hôpital pour être indemnisé d’une infection nosocomiale ?

Non. La loi du 4 mars 2002 (loi Kouchner) a institué un régime de responsabilité sans faute pour les infections nosocomiales. La victime doit uniquement établir que l’infection a été contractée lors de son séjour dans l’établissement de santé (lien de causalité), sans avoir à démontrer un manquement fautif du personnel soignant. L’établissement ne peut s’exonérer qu’en rapportant la preuve d’une cause étrangère.

Quand l’ONIAM prend-il en charge l’indemnisation à la place de l’assureur de l’établissement ?

L’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM) intervient au titre de la solidarité nationale lorsque les conditions de gravité légales sont atteintes (AIPP ≥ 24 %, incapacité temporaire de travail ≥ 6 mois, ou décès) et que la responsabilité de l’établissement est engagée sans faute prouvée. Si l’établissement ou son assureur refuse l’indemnisation ou ne présente pas d’offre dans les délais légaux, l’ONIAM se substitue à eux et indemnise directement la victime avant d’exercer un recours subrogatoire contre le responsable.

Comment est calculé le montant de l’indemnisation pour une infection nosocomiale ?

Le montant de l’indemnisation est calculé poste par poste selon la Nomenclature Dintilhac, qui distingue les préjudices patrimoniaux (dépenses de santé actuelles et futures, pertes de gains professionnels, frais de tierce personne) et les préjudices extrapatrimoniaux (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d’agrément, déficit fonctionnel permanent). L’expert médical désigné par la CCI ou le tribunal fixe le taux d’atteinte permanente à l’intégrité physique et psychique (AIPP), qui sert de base au calcul du déficit fonctionnel permanent. Plus l’AIPP est élevé et plus l’âge de la victime est jeune, plus le capital indemnitaire est important.

Contactez MAITRE Humbert au 04 90 54 58 10 pour en savoir plus !